La charia et le calendrier

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La charia et le calendrier (1/3)

L’astronome, le ‘alem et le calendrier

Khalid Chraibi *

Oumma.com

le jeudi 27 mai 2010

A Rachida Benchemsi

«Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul (minutieux)» (1)

«C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps).» (2)

«Les oulémas n’ont pas le monopole d’interprétation de la charia. Evidemment ils doivent être consultés au premier plan sur les questions de la charia. (Mais) ce ne sont pas eux qui font la loi religieuse, de même que ce ne sont pas les professeurs de droit qui font la loi, mais les parlements.» (Ahmed Khamlichi) (3)

« Le calendrier islamique basé sur l’observation mensuelle de la nouvelle lune est incapable de remplir les fonctions usuelles d’un calendrier, alors que celui basé sur le calcul astronomique le fait parfaitement. D’après des juristes musulmans de renom, tels que Ahmad Shakir et Yusuf al-Qaradawi, la charia ne s’oppose pas à l’utilisation du calendrier basé sur le calcul. Seul, le poids des traditions séculaires empêche les sociétés musulmanes de substituer cette dernière méthode d’élaboration du calendrier à la première, malgré ses avantages manifestes. »

Introduction

Depuis que l’usage du calendrier grégorien s’est généralisé dans les pays musulmans, après leur occupation par des puissances étrangères aux 19è et 20è siècles, le calendrier islamique s’est progressivement trouvé relégué à des fonctions de protocole et de représentation, qu’il assume essentiellement à l’occasion du 1er muharram, du 1er ramadan, de l’aïd el-fitr, de l’aïd al-adha ou du 1er dhul hijja. Nul ne songerait, de nos jours, à dater un contrat, à faire des réservations de billets d’avion ou de chambres d’hôtel, ou à programmer une conférence internationale sur la base des données de ce calendrier.

En effet, ses dates sont associées à des jours différents dans différents Etats musulmans et il ne permet pas, à l’intérieur du même pays, de planifier d’activités au-delà du mois en cours, puisqu’il ne peut pas être établi à l’avance.

A titre d’illustration, le 1er chawal 1426, jour de célébration de l’aïd el fitr, correspondait au mercredi 2 novembre 2005 en Libye et au Nigéria ; au jeudi 3 novembre dans 30 pays dont l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et une partie des Etats-Unis ; au vendredi 4 novembre dans 13 pays dont le Maroc, l’Iran, le Bangladesh, l’Afrique du Sud, le Canada, une partie de l’Inde et une partie des Etats-Unis ; et au samedi 5 novembre dans une partie de l’Inde. (4) Cet état des choses n’est nullement exceptionnel, mais se renouvelle chaque mois.

Pourtant, le calendrier lunaire, basé sur le calcul, est en mesure de remplir parfaitement toutes les fonctions que les sociétés modernes en attendent. Mais, suite à l’interprétation que les oulémas ont donnée à un célèbre hadith du Prophète sur le début des mois lunaires, le mois lunaire islamique s’est retrouvé déconnecté de ses fondements conceptuels et méthodologiques astronomiques, ce qui a rendu caduques les fonctions du calendrier musulman.

De nombreux penseurs islamiques et juristes de renom se sont sentis interpelés par cette situation et ont publié à diverses reprises, depuis le début du 20è s., des études qui prônent l’utilisation par la communauté musulmane d’un calendrier islamique basé sur le calcul, dont ils confirment et démontrent la licéïté. La célèbre étude du cadi Ahmad Shakir (1939) (5), aux conclusions de laquelle le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est rallié en 2004 (6) et les décisions du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (2006) (7) et du Centre Européen pour la Fatwa et la Recherche (CEFR) (2007) s’inscrivent dans cette ligne de pensée.

L’astronome et le calendrier

Le calendrier lunaire basé sur le calcul astronomique était déjà un outil hautement performant du temps des Babyloniens (XVIIIe s av. J.C.). Le mois lunaire débute au moment de la « conjonction » mensuelle, quand la Lune se trouve située sur une ligne droite entre la Terre et le Soleil. Le mois est défini comme la durée moyenne d’une rotation de la Lune autour de la Terre (29,53 j environ). La lunaison (période qui s’écoule entre deux conjonctions) varie au sein d’une plage dont les limites sont de 29, 27 j au solstice d’été et de 29,84 j au solstice d’hiver, donnant, pour l’année de 12 mois, une durée moyenne de 354,37 j. L’astronome babylonien Kidinnu (IVè s. av. J.C. ?), très connu pour ses travaux astronomiques, a calculé la durée du mois synodique comme égale à 29j, 12h 44 mn 3,3 s, alors que la valeur admise aujourd’hui est de 29j, 12h 44mn 2,8 s, soit environ une demi seconde d’écart.

Sur le plan astronomique, les mois lunaires n’ont pas une durée de 30j et de 29j en alternance. Il y a parfois de courtes séries de 29 j suivies de courtes séries de 30 j, comme illustré par la durée en jours des 24 mois lunaires suivants, correspondant à la période 2007-2008 : « 30, 29, 30, 29, 29, 30, 29, 29, 30, 30, 29, 30, 30, 30, 29, 30, 29, 29, 30, 29, 29, 30, 29, 30. »

Cependant, les astronomes ont posé, depuis des millénaires, la convention que des mois de 30 j et de 29 j se succédaient en alternance, ce qui permet de faire correspondre la durée de rotation de la Lune sur deux mois consécutifs à un nombre de jours entiers (59), laissant à peine un petit écart mensuel de 44 mn environ, qui se cumule pour atteindre 24 h (soit l’équivalent d’un jour) en 2,73 ans. Pour solder cet écart, il suffit d’ajouter un jour au dernier mois de l’année, tous les trois ans environ, de la même manière qu’on ajoute un jour tous les quatre ans au calendrier grégorien. Les années dites « abondantes » du calendrier islamique, d’une durée de 355 j chacune, sont au nombre de 11 dans un cycle de 30 ans (années n° 2, 5, 7, 10, 13, 16, 18, 21, 24, 26 et 29), alors que les années dites « communes », d’une durée de 354 j, sont au nombre de 19.

La nouvelle lune ne devient généralement visible que quelques 18 h après la conjonction, et sujet à l’existence de conditions favorables résultant de facteurs tels que le nombre d’heures écoulées depuis la conjonction ; les positions relatives du soleil, du croissant lunaire et de l’observateur ; l’altitude de la lune au coucher du soleil ; le lieu où l’on procède à l’observation ; l’angle formé avec le soleil au moment du coucher ; les conditions d’observation (pollution, humidité, température de l’air, altitude) ; la limite de détection de l’œil humain ; etc… (8).

Selon les mois et les saisons, les conditions favorables d’observation de la nouvelle lune seront réunies en des sites différents du globe terrestre. Des astronomes musulmans de renom, des temps médiévaux, tels que Ibn Tariq (VIIIè s.), Al-Khawarizmi (780 ?-863), Al-Battani (850-929), Al-Bayrouni (973-1048), Tabari (XIè s.), Ibn Yunus (XIè s.), Nassir al-Din Al-Tousi (1258-1274 ?), etc. ont contribué de manière importante, pendant plusieurs siècles, au développement des connaissances théoriques et appliquées dans le domaine de l’astronomie. Ils ont accordé un intérêt particulier à l’étude des critères de visibilité de la nouvelle lune, dans le but de développer des techniques de prédiction fiables du début d’un nouveau mois.

Mais, ce n’est que récemment que des astronomes et des informaticiens réputés ont réussi, en conjuguant leurs efforts, à établir des procédures permettant de prédire à l’avance, chaque mois, dans quelles régions du globe les conditions optimales seront réunies pour observer la nouvelle lune. Ainsi, en 1984, un physicien de Malaisie, Mohamed Ilyas, a pu tracer au niveau du globe terrestre une ligne de démarcation, ou ligne de date lunaire, à l’ouest de laquelle le croissant est visible le soir du nouveau mois, alors qu’il ne peut être vu à l’est de cette ligne que le soir suivant. (9)

Cependant, malgré leur intérêt considérable sur le plan théorique, ces travaux ne sont encore que d’une aide limitée sur le plan pratique, parce qu’ils continuent d’associer le début du nouveau mois à l’observation mensuelle de la nouvelle lune, une démarche qui ne permet pas d’établir des calendriers annuels à l’avance.

Le ‘alem et le calendrier

Dans l’Arabie pré-islamique, les bédouins étaient habitués à observer la position des étoiles, de nuit, pour se guider dans leurs déplacements à travers le désert, et à observer l’apparition de la nouvelle lune pour connaître le début des mois.

Quand les fidèles interrogèrent le Prophète sur la procédure à suivre pour déterminer le début et la fin du mois de ramadan, il leur recommanda de commencer le jeûne avec l’observation de la naissance de la nouvelle lune (au soir du 29è jour du mois) et d’arrêter le jeûne avec la naissance de la nouvelle lune (du mois de shawal). « Si le croissant n’est pas visible (à cause des nuages) comptez jusqu’à 30 jours. » (10)

La recommandation confortait dans ses habitudes ancestrales une communauté qui ne savait ni écrire ni compter et qui n’avait pas d’accès, de toutes façons, à d’autres méthodes de suivi des mois. À l’époque de la Révélation (VIIè s. ap. J.C.), les données astronomiques n’étaient pas communément disponibles pour être utilisées par la population de manière pratique, en tous lieux, comme c’est le cas aujourd’hui.

Les Arabes utilisaient, avant la Révélation, un calendrier lunaire basé sur une année de 12 mois. Mais ils avaient pris l’habitude, depuis l’an 412, de leur adjoindre un 13è mois mobile, (dont le concept avait été emprunté au calendrier israélite), dans le but de faire correspondre le mois du hajj à la saison d’automne. Ces ajustements ayant fait l’objet de grands abus, le Coran les a réprimés en fixant à douze le nombre de mois d’une année et en interdisant l’intercalation du 13è mois. (11) Mais il ne fournit aucune autre indication d’ordre méthodologique concernant la confection du calendrier lunaire, et ne fait aucune référence au calcul astronomique. Le Coran n’interdit pas, par conséquent, l’usage du calcul astronomique.

Néanmoins, le consensus des oulémas s’est solidement forgé, pendant 14 siècles, autour du rejet du calcul, à part quelques juristes isolés, dans les premiers siècles de l’ère islamique, qui prônèrent l’utilisation du calcul pour déterminer le début des mois lunaires. (12) Sur le plan institutionnel, seule la dynastie (chi’ite) des Fatimides, en Égypte, a utilisé un calendrier basé sur le calcul, entre les Xè s. et XIIè s., avant qu’il ne tombe dans l’oubli à la suite d’un changement de régime.

L’argument majeur utilisé pour justifier cette situation se fonde sur le postulat des oulémas, selon lequel il ne faut pas aller à l’encontre d’une prescription du Prophète. (13) Ils estiment qu’il est illicite de recourir au calcul pour déterminer le début des mois lunaires, du moment que le Prophète a recommandé la procédure d’observation visuelle.

De nombreux oulémas soulignent, de plus, que le calendrier basé sur le calcul décompte les jours du nouveau mois à partir de la conjonction, laquelle précède d’un jour ou deux l’observation visuelle de la nouvelle lune. S’il était utilisé, le calendrier basé sur le calcul ferait commencer et s’achever le mois de ramadan, et célébrer toutes les fêtes et occasions religieuses, en avance d’un jour ou deux par rapport aux dates qui découlent de l’application du hadith du Prophète, ce qui ne serait pas acceptable du point de vue de la charia. (14)

Cependant, ce dernier argument ne résiste pas à l’analyse. De nombreuses études réalisées par des astronomes musulmans au cours des dernières années, démontrent que les mois décrétés dans les pays islamiques sur une période de plusieurs décennies débutaient en des jours différents dans différents pays . « Eid al mawlid annabawi » (anniversaire de la naissance du Prophète) ou « Laylat al Qadr » (nuit du destin) sont ainsi célébrés en des jours différents dans différents pays musulmans (parfois avec un écart de deux ou, même, trois jours). Ces dates sont le plus souvent erronées, pour les raisons les plus diverses. (15) En conséquence, l’argument de précision des mois basés sur l’observation de la nouvelle lune ne peut être retenu.

De fait, depuis le début du XXè s., quelques penseurs islamiques, ainsi qu’une poignée d’oulémas de renom, remettent en cause les arguments en faveur de la méthode d’observation de la nouvelle lune pour la détermination du début des mois lunaires.

A leur avis, le Prophète a simplement recommandé aux fidèles une procédure d’observation de la nouvelle lune, pour déterminer le début d’un mois nouveau. Les bédouins étant habitués à se baser sur la position des étoiles pour se guider dans leurs déplacements à travers le désert et pour connaître le début des mois, le Prophète n’avait fait que les conforter dans leurs pratiques ancestrales.

L’observation du croissant n’était qu’un simple moyen, et non pas une fin en soi, un acte d’adoration (‘ibada). Le hadith relatif à l’observation n’établissait donc pas une règle immuable, pas plus qu’il n’interdisait l’utilisation du calendrier astronomique. (16)

D’ailleurs, d’après un consensus des juristes, le hadith du Prophète sur cette question ne préconise pas une observation visuelle de la nouvelle lune par chacun des fidèles, avant de commencer le jeûne du ramadan par exemple, mais simplement l’acquisition de l’information que le mois a débuté, selon des sources fiables (telles que les chefs de la communauté, les autorités du pays, etc.). (17)

Cette dernière interprétation ouvre de toutes autres perspectives dans la discussion de cette question.

Notes

* Je remercie M. Saïd Branine et le site Oumma.com d’avoir publié, entre 2006 et 2008, mes trois précédents textes sur différents volets du calendrier islamique sous les titres : « 1er muharram : calendrier lunaire ou islamique ? », « La problématique du calendrier islamique » et « Le calendrier musulman en 10 questions » . Le présent article reprend en un seul développement les principaux points étudiés dans les précédentes analyses, complètement refondus, mis à jour et complétés par un nouveau volet sur le début des mois lunaires.

  1. Coran, Ar-Rahman, (55 : 5)
  2. Coran, Yunus, (10 : 5)
  3. Ahmed Khamlichi : “Point de vue n° 4”, Rabat, 2002, p. 12
  4. Moonsighting.com 1426shw
  5. Ahmad Shakir : « Le début des mois arabes … est-il licite de le déterminer par le calcul astronomique ? (1939) » reproduit par le quotidien saoudien « al-Madina » du 13 octobre 2006 (n° 15878)
  6. Yusuf al-Qaradawi : « Calcul astronomique et détermination du début des mois » (en arabe)
  7. Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord
  8. Karim Meziane et Nidhal Guessoum : La visibilité du croissant lunaire et le ramadan, La Recherche n° 316, janvier 1999, pp. 66-71
  9. Meziane et Guessoum : op.cit., p. 69
  10. Mohammed al-Bukhârî : Recueil de hadiths (3/119)
  11. Coran, At-Tawba 9 : 36 et 37 :

(Coran 9 : 36) : Le nombre de mois, auprès d’Allah, est de douze (mois), dans la prescription d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre.

(Coran 9 : 37) : Le report d’un mois sacré à un autre est un surcroît de mécréance. Par là, les mécréants sont égarés: une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin d’ajuster le nombre de mois qu’Allah a fait sacrés. Ainsi rendent-ils profane ce qu’Allah a fait sacré. Leurs méfaits leurs sont enjolivés. Et Allah ne guide pas les gens mécréants.

  1. Abderrahman al-Haj : « Le faqih, le politicien et la détermination des mois lunaires » (en arabe)
  2. Muhammad Mutawalla al-Shaârawi : Fiqh al-halal wal haram (édité par Ahmad Azzaâbi), Dar al-Qalam, Beyrouth, 2000, p. 88
  3. Allal el Fassi : « Aljawab assahih wannass-hi al-khaliss ‘an nazilati fas wama yata’allaqo bimabda-i acchouhouri al-islamiyati al-arabiyah », « Le début des mois islamiques arabes », rapport préparé à la demande du roi Hassan II du Maroc, Rabat 1965 (36 p.), sans indication d’éditeur, p. 30
  4. Meziane et Guessoum : op.cit. p. 70 : A titre d’illustration, ces chercheurs ont comparé les dates religieuses décrétées par les autorités officielles en Algérie, entre 1963 et 1994, avec les calculs astronomiques pour trois événements : dates du début du mois du jeûne (1er ramadan), de la fête de la rupture du jeûne (1er shawal) et de la fête du Sacrifice (10 dhul-hijja). Les données historiques ont été rassemblées à partir des archives de la presse algérienne et confrontées aux éphémérides astronomiques relatives à la ville d’Alger. Pour chaque date (décrétée sur la base d’une “observation” du croissant, reconnue valide par les autorités religieuses), il a été possible de déterminer la date et l’heure de la conjonction correspondante, le délai entre les couchers du Soleil et de la Lune, ainsi que l’angle qui sépare les deux astres au moment de l’observation.

Sur 98 dates analysées par Meziane et Guessoum, il s’est avéré que, dans 14 cas, le mois avait été décrété par les autorités alors que la conjonction n’avait même pas encore eu lieu et/ou que la Lune s’était couchée avant le Soleil (l’observation du croissant était alors strictement impossible). Dans environ 50 % des cas, une des limites absolument établies a été violée. Dans 75 % des cas, les prédictions officielles étaient en contradiction avec les prédictions astronomiques.

Voir également, sur ces questions : Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane : Ithbat acchouhour alhilaliya wa mouchkilate attawqiti alislami, 152 p., Dar attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997

  1. Abi alfayd Ahmad al-Ghomari, Tawjih alandhar litaw-hidi almouslimin, Dar Al_Nafaes, Amman, 1999, p. 43
  2. Allal el Fassi : « Aljawab assahih… » op. cit. p. 22-23 ; Al-Ghazali, Ihya’e ouloum addine, cité dans Abi alfayd Ahmad al-Ghomari, « Tawjih alandhar… » op. cit. p.30

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La charia et le calendrier (2/3)

Le mois islamique est-il universel ou national ?

Khalid Chraibi

Oumma.com

le mercredi 23 juin 2010

Les difficultés d’application de la règle d’observation de la nouvelle lune

La règle énoncée par le Prophète pour la détermination du début des mois islamiques (consistant à voir soi-même la nouvelle lune, ou à apprendre de source fiable qu’elle a été observée quelque part) répondait parfaitement aux besoins de petites communautés ou d’individus isolés voyageant dans le désert. Mais, son application à des populations entières, vivant sur des territoires étendus, soulevait de grandes difficultés d’ordre théorique et pratique.

En effet, l’observation de la nouvelle lune à l’oeil nu n’est pas une affaire simple. Elle dépend de nombreux paramètres astronomiques et de facteurs atmosphériques, qui peuvent être favorables en un lieu donné, à un moment donné, et défavorables ailleurs, ou en d’autres saisons. En conséquence, des personnes situées en des lieux différents n’observeront pas toutes la nouvelle lune le même soir. Le premier jour du mois sera, de ce fait, décalé d’un jour ou deux d’une communauté musulmane à l’autre.

Or, les premiers astronomes convertis à l’islam (et dans leur sillage les juristes musulmans) savaient bien que la durée du mois lunaire se situait entre 29 j et 30 j, entre deux conjonctions, comme l’enseignaient déjà les astronomes babyloniens, deux millénaires auparavant ; ou entre deux observations de la nouvelle lune, comme le Prophète l’avait souligné dans différents hadiths. Le début du mois et sa durée étaient indépendants de la présence ou de l’absence d’observateurs et des conditions de visibilité.

L’observation d’une nouvelle lune devait donc, logiquement, marquer le début du nouveau mois lunaire pour l’ensemble de la Terre. De même, la durée de tout mois lunaire, entre deux nouvelles lunes, devait être identique pour toutes les communautés. (18 )

Mais, ces propositions, si simples sur le plan théorique, soulevaient des problèmes d’une grande complexité, au niveau de leur application. Par exemple, une fois la nouvelle lune observée de manière fiable, quelque part, comment cette information serait-elle portée à la connaissance de populations vivant sur de vastes territoires, ou parfois même en des régions très éloignées (comme l’Espagne par rapport à l’Arabie) ? A qui cette information s’imposait-elle avec toutes ses implications (telles que commencer le jeûne, célébrer la fin du ramadan, etc.) ? (19)

Les juristes des premiers temps de l’islam, à la fois réalistes et pragmatiques, donnèrent des réponses diversifiées, parfois très nuancées, à ces questions. Les différentes écoles juridiques prirent en considération les facteurs qui leur semblaient s’imposer, qu’ils soient d’ordre astronomique, théologique, juridique ou pratique. De ce vaste éventail de réponses se dégage un noyau central de principes fondamentaux, qui sont d’un grand intérêt aujourd’hui :

– D’une manière générale, l’observation de la nouvelle lune ne peut être prise en compte que par les communautés auxquelles l’information parvient.

– L’observation de la nouvelle lune dans un pays d’Orient marque, sur le plan théorique, le début du nouveau mois pour tous les pays situés à l’ouest du lieu de cette observation. (20) Car, au fur et à mesure que l’âge de la nouvelle lune augmente, entre le moment de sa naissance (à la conjonction) et son premier coucher, la possibilité de l’observer s’améliore. C’est le cas en allant d’Est en Ouest, de la Mecque vers Casablanca, par exemple, du fait que la nouvelle lune est âgée de 3 h de plus à son coucher au Maroc qu’à son coucher en Arabie Saoudite.

– Une observation de la nouvelle lune doit être considérée comme nulle, lorsqu’elle est rapportée alors que la conjonction n’a pas encore eu lieu. (21)

– Mais, par-delà toutes ces considérations, et compte tenu des difficultés de communication entre les communautés musulmanes, sur le plan géographique, les oulémas déclarèrent que les habitants de chaque pays devaient appliquer la décision des autorités nationales, concernant le début des mois lunaires.

Ces règles n’avaient, à l’époque, qu’une portée limitée, parce que l’information sur l’observation de la nouvelle lune ne pouvait être véhiculée que sur des zones géographiques restreintes, proches du lieu d’observation. De plus, ceux qui n’avaient pas connaissance de l’observation de la nouvelle lune le soir du 29è j du mois comptabiliseraient un 30è j dans le mois en cours, puis entameraient le décompte du nouveau mois, avec un écart ne dépassant pas 24 h.

Mais, aujourd’hui, du fait de la multiplicité des Etats et des communautés islamiques à travers le monde, le même début de mois est, parfois, égrené comme un chapelet, en plusieurs jours successifs, dans différents pays. Il en fut ainsi pour « Eid al fitr » ou 1er chawal 1429, qui fut célébré en 5 jours différents à travers le monde : dans 1 pays le 29 septembre 2008, dans 19 pays le 30 septembre, dans 25 pays le 1er octobre, dans 5 pays le 2 octobre, et dans 1 communauté le 3 octobre 2008. (22)

Un tel dérapage du calendrier musulman est contraire à la Raison, et ne serait pas possible, si les principes énoncés ci-dessus étaient respectés. C’est la thèse soutenue dès 1965 par Allal el Fassi, un ‘alem de l’université Qarawiyine de Fès et ministre marocain des affaires islamiques, dans un rapport sur « le début des mois lunaires » préparé à la demande du roi Hassan II. D’après lui, si un consensus islamique pouvait être réalisé autour d’un tel « retour aux sources », cela pourrait constituer une « voie de progrès » considérable, dans le but d’unifier les dates des célébrations à caractère religieux à travers le monde musulman, en exploitant les possibilités offertes par les technologies modernes de communication. (23)

Ainsi, concernant « eid al fitr » ou 1er chawal 1429, la conjonction eut lieu le 29 septembre 2008 à 8:12 GMT mais, d’après les observatoires astronomiques, la nouvelle lune ne pouvait être observée nulle part sur Terre, ce jour-là. L’observation annoncée par l’Arabie Saoudite, le soir du 29 septembre, était donc erronée. Par contre, le soir du 30 septembre, la nouvelle lune pouvait être observée dans de nombreuses régions du monde. (24) La nouvelle d’une telle observation, où que ce soit sur Terre, au soir du 30 septembre, aurait pu être portée immédiatement à la connaissance de l’ensemble de la planète, grâce aux moyens de télécommunication modernes. Toutes les communautés musulmanes du monde auraient donc pu célébrer « eid el fitr » le même jour, le 1er octobre, compte tenu des principes formulés par les premiers oulémas sur ces questions. (25)

L’écart entre les discours méthodologiques et les pratiques nationales

Mais, dans le souci d’affirmer leur souveraineté, de nombreux Etats musulmans ont défini leurs propres procédures en matière de détermination du début des mois lunaires. Celles-ci sont, parfois, sans rapport avec la méthode d’observation préconisée par les oulémas, comme c’est le cas de la Libye. Ou bien, elles sont, dans certains cas, associées à des paramètres d’ordre astronomique, qui ont pour but d’améliorer la fiabilité de l’observation. (26)

L’Arabie Saoudite applique, ainsi, deux méthodes pour la détermination du début du nouveau mois. Elle utilise, à des fins administratives, un calendrier annuel, basé sur le calcul, connu sous le nom de calendrier d’Umm al Qura, (27) qui tient compte à la fois de la “conjonction” et des horaires de coucher du soleil et de la lune aux coordonnées de La Mecque, le soir du 29è j de chaque mois. Le coucher de la lune après celui du soleil indique le début du nouveau mois. Dans le cas contraire, le mois en cours aura une durée de 30 jours.

Mais, l’Etat saoudien estime qu’il n’est pas conforme à la charia d’utiliser le calendrier d’Umm al Qura pour déterminer le début des mois associés à des célébrations religieuses (1er muharram, 1er ramadan, 1er chawal, 1er dhul hijja…). Des commissions spécialisées sont chargées, en de telles occasions, de scruter le ciel à l’oeil nu pour apercevoir la nouvelle lune, avant que le Haut Conseil Judiciaire d’Arabie Saoudite ne décrète le début du nouveau mois.

En Inde, au Pakistan, au Bangladesh, à Oman, au Maroc, au Nigéria, à Trinidad, etc., l’observation de la nouvelle lune doit être attestée par un cadi (juge) ou une commission officielle spécialisée.

En Egypte, le nouveau mois débute après la conjonction, lorsque la nouvelle lune se couche 5 minutes au moins après le coucher du soleil.

En Indonésie, en Malaisie et à Brunei, il débute après la conjonction, lorsque l’âge de la nouvelle lune est supérieur à 8 h, l’altitude <> 3 ° .

Il débute, en Turquie, après la conjonction, quand la nouvelle lune forme un angle de 8° au moins avec le soleil, à une altitude d’au moins 5 ° .

En Libye, le nouveau mois débute si la conjonction se produit avant l’aube (« fajr »), heure locale.

L’étude de cas spécifiques démontre, cependant, l’existence d’un écart important entre les règles que les différents Etats et communautés islamiques affirment appliquer et leurs pratiques. Cela ressort clairement de l’analyse du cas du 1er ramadan 1426, qui fut célébré en 4 jours différents à travers le monde : le lundi 3 octobre 2005 au Nigéria ; le mardi 4 octobre dans 22 pays, dont l’Arabie Saoudite, l’Algérie, la Mauritanie, la Libye et l’Egypte ; le mercredi 5 octobre dans 23 pays ; et le jeudi 6 octobre dans 3 pays. (28)

D’après les observatoires astronomiques, les observations annoncées par le Nigéria, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, la Mauritanie et l’Egypte étaient erronées. (29) Elles n’étaient possibles ni le 2 octobre au Nigéria (la veille de la conjonction) ni le 3 octobre 2005 (au soir de la conjonction), en Arabie Saoudite ou en Algérie, compte tenu des paramètres astronomiques applicables à ces régions. (30) L’Egypte ne pouvait pas, non plus, avoir observé le coucher de la lune 5 minutes après celui du soleil, conformément à la procédure qu’elle disait appliquer. Mais, bien que ces données astronomiques aient été largement connues des experts, et aient été absolument défavorables à toute observation visuelle de la nouvelle lune, les Etats concernés n’en ont tenu aucun compte, en procédant à l’annonce des observations, pour des raisons inexpliquées.

Cependant, l’observation de la nouvelle lune pouvait être effectuée le soir du 4 octobre dans de nombreuses régions du monde (mais non en Europe, au Moyen Orient et en Afrique du Nord). Le jeûne aurait donc pu débuter le 5 octobre dans toutes les communautés musulmanes du monde, si la première observation fiable effectuée quelque part, avait été validée et confirmée par les autorités nationales concernées, puis avait été immédiatement portée à la connaissance des fidèles sur toute la Terre, grâce aux moyens de télécommunication modernes, comme le proposait Allal el Fassi en 1965. Seule la Libye, qui n’utilise pas la méthode d’observation de la nouvelle lune, et se base uniquement sur le critère de la « conjonction réalisée avant l’aube, heure libyenne » aurait débuté le ramadan le 4 octobre.

Les aléas associés à la méthode d’observation mensuelle de la nouvelle lune ont constitué une source de frustration récurrente pour un grand nombre de musulmans, en particulier à l’occasion des grandes célébrations religieuses. Ayant reçu une éducation moderne, ils savent qu’il ne peut exister, sur le plan astronomique, qu’un seul mois lunaire, applicable à l’ensemble de la Terre, débutant au même instant pour tous, et de la même durée dans tous les pays. De nombreux penseurs et dirigeants musulmans en concluent qu’il serait plus raisonnable de déterminer le début des mois islamiques, en se basant sur le calendrier lunaire astronomique, qui peut être établi des années à l’avance, et est parfaitement fiable.

Mais, ils sont confrontés à une question épineuse, à laquelle peu d’entre eux sont en mesure d’apporter une réponse satisfaisante : « Une telle démarche est-elle compatible avec les prescriptions de la charia ? »

Pour Cheikh Abdul Muhsen Al-Obaikan, conseiller du Ministère de la Justice d’Arabie Saoudite, cependant, la réponse est évidente. Dans une interview accordée à un quotidien saoudien le 5 octobre 2005, il déclare : « Compte tenu de l’état d’avancement de la science et de la technologie modernes, utiliser l’œil nu pour déterminer le début et la fin du mois de ramadan relève d’une démarche primitive … Il n’y a pas d’autre façon de le dire, c’est du sous-développement à l’état pur. » (31)

Notes

  1. Allal el Fassi : « Aljawab assahih… » op. cit. pp. 21
  2. Allal el Fassi : « Aljawab assahih… » op. cit. pp. 18-33
  3. Allal el Fassi : « Aljawab assahih… » op. cit. pp. 26-28
  4. Allal el Fassi : « Aljawab assahih… » op. cit. p. 22
  5. Moonsighting.com : Premier chawal 1429 “eid al fitr” dans les pays musulmans
  6. Allal el Fassi : « Aljawab assahih… » op. cit. p. 25
  7. « The Astronomical New Moon is on Monday, September 29, 2008 at 8:12 GMT, 4:12 am EDT, 1:12 am PDT). It will not be visible on September 29 except small possibility in Polynesian Islands. On Tuesday, September 30, it will be visible in New Zealand Australia, Indonesia, South Asia, Africa and Americas. In North America on September 30, it can be seen in Southern belt states. So, Eidul-Fitr is expected on Wednesday, October 1, most of the world, Insha-Allah. Also, according to the criteria adopted by Fiqh Council of North America, and European Council for Fatwa and Research, the first day of Shawwal is on Wednesday, October 1, 2008, which would be after completing 30 days of Ramadan.

In UK moon cannot be sighted on Sep 29 or Sep 30, 2008. Sighting in UK could only be on October 1. However a Fatawa from Deoband, India, is that even if moon is seen in as far south as South Africa, UK will accept that sighting. According to this criterion Eid in UK will be on October 1.In Pakistan, moon may not be seen on September 30, except by high powered telescope. So, Eid in Pakistan is expected to be on Octber 2, 2008. ISNA’s decision is on http://www.isna.net/for Eid to be on Oct. 1, Wednesday”

  1. Le calendrier saoudien d’Umm al Qura, préparé sur une base annuelle, donc longtemps à l’avance, avait annoncé le 1 chawal pour le 1 octobre (en application de ses paramètres). Mais, les autorités saoudiennes l’ « ajustèrent » à la dernière minute pour ramener le 1er chawal au 30 septembre 2008, pour des raisons inexpliquées. Le détail de ces « ajustements » est présenté par l’astronome Robert Harry van Gent dans son article : The Umm-al-Qura calendar of Saudi Arabia dans la section « Advancement and postponement of the Umm al Qura calendar ». A noter que quatorze Etats musulmans ont suivi l’Arabie Saoudite dans cet « ajustement ».
  2. Moonsighting.com : Procédure d’observation de la nouvelle lune par pays
  3. Robert Harry van Gent : The Umm-al-Qura calendar of Saudi Arabia
  4. Moonsighting.com 1426rmd : Au Nigéria, les autorités annoncèrent que la nouvelle lune avait été aperçue le 2 octobre au soir , et le premier jour de jeûne fut fixé au 3 octobre, alors que la conjonction n’eut lieu que le 3 octobre, dans la matinée.

Le Haut Conseil Judiciaire d’Arabie Saoudite (HCJAS) annonça, pour sa part, que la nouvelle lune avait été aperçue le 3 octobre au soir, alors qu’elle avait moins de 5 h d’âge. Or, d’après les astronomes, il était impossible d’observer une lune aussi jeune (l’âge habituel requis étant d’au moins 18 h). De plus, les autres paramètres astronomiques n’étaient pas favorables à une telle observation. Le début du ramadan fut décrété pour le 4 octobre, date qui concordait avec celle établie de longue date par le calendrier d’Umm al Qura. Huit Etats du Moyen Orient annoncèrent le début du ramadan pour le 4 octobre, en se basant sur l’annonce saoudienne.

L’Algérie, la Mauritanie et l’Egypte annoncèrent également que la nouvelle lune avait été aperçue sur leur territoire le soir du 3 octobre, alors qu’elle était âgée de moins de 9 h dans toute cette zone, à la fois bien trop jeune pour être visible, et associée à des paramètres d’observation défavorables. Pour eux aussi, le ramadan débuta le 4 octobre.

La Libye, quant à elle, débuta le jeûne du ramadan le 4 octobre, du fait que la conjonction s’était produite le 3 octobre dans la matinée, donc avant le « fajr » (aube) du 4 octobre.

  1. La multiplicité des rapports erronés relatifs à l’observation de la nouvelle lune, parfois avant même la conjonction, s’explique du fait que les personnes cherchant à apercevoir la nouvelle lune dans le ciel, à son premier coucher, la confondent souvent, de bonne foi, avec d’autres phénomènes naturels.

En effet, comme il a déjà été indiqué, la nouvelle lune ne devient généralement visible que quelques 18 h après la conjonction, et sujet à l’existence de conditions favorables résultant de facteurs tels que le nombre d’heures écoulées depuis la conjonction ; les positions relatives du soleil, du croissant lunaire et de l’observateur ; l’altitude de la lune au coucher du soleil ; le lieu où l’on procède à l’observation ; l’angle formé avec le soleil au moment du coucher ; les conditions d’observation (pollution, humidité, température de l’air, altitude) ; la limite de détection de l’œil humain ; etc.

Dans beaucoup de cas, le jeu de tous ces facteurs la rend très difficile (sinon impossible) à distinguer dans le ciel, à l’oeil nu, à son premier coucher après la conjonction.

  1. Moonsighting.com 1426rmd : Le site spécialisé « Moonsighting.com » explique que la conjonction s’est produite le 3 octobre à 10:28 GMT mais que la nouvelle lune ne pouvait être observée nulle part dans le monde le 3 octobre 2005. Elle pouvait être vue le 4 octobre dans la majeure partie du monde, à l’exception de la plus grande partie de l’Asie et de Europe, où elle ne pourra être vue que le 5 octobre au soir. Par conséquent, le 1er ramadan sera le 5 octobre en Amérique du Nord et dans la plus grande partie du monde, sauf en Europe et dans la plus grande partie de l’Asie.

« The Astronomical New Moon is on Monday October 3, 2005 at 10:28 Universal Time. Looking at the visibilty curve one can understand that the moon is in the Southern Hemisphere. The moon is about 15 hours old and being too low on the horizon for North America will set in 14 min. after sunset on west coast. It cannot be seen in North America nor anywhere East of USA October 3. On October 4, it will be visible in most of the world except most of Asia and Europe, where it will be 24 to 31 hours old and less than 2 degrees above the horizon, still not visible. In Europe and most of Asia, it cannot be seen until October 5, when it will be 48 to 55 hours old. Accordingly, the first day of Ramadan will be on Wednesday, October 5, 2005 for North America and most of the world, except most of Asia and Europe”

  1. Anver Saad, « The Untold Story of Ramadhan Moon Sighting » Daily muslims, October 07, 2005 : « In an interview with a Saudi newspaper, Saudi religious scholar Sheik Abdul Muhsen Al-Obaikan argued that using the naked eye to determine the beginning and end of Ramadan was primitive in an age of modern science and technology. “There is no other way to put it. It’s pure backwardness,” he said. »


Voir cet article sur Oumma.com:

La charia et le calendrier (3/3)

Le calendrier basé sur le calcul est-il licite ou illicite ?

Khalid Chraibi

Oumma.com

le jeudi 8 juillet 2010

L’opinion juridique du cadi Shakir

Le cadi Ahmad Muhammad Shakir mérite une mention à part dans ce débat. Il s’agit d’un juriste éminent de la première moitié du XXè s., qui occupa en fin de carrière les fonctions de président de la Cour suprême de la charia d’Égypte (tout comme son père avait occupé la même fonction au Soudan). Il reste, de nos jours encore, un auteur de référence en matière de sciences du hadith. (32)

Il a publié, en 1939, une étude importante et originale axée sur le côté juridique de la problématique du calendrier islamique, sous le titre : « Le début des mois arabes … la charia permet-elle de le déterminer en utilisant le calcul astronomique ? ». (5)

D’après lui, le Prophète a tenu compte du fait que la communauté musulmane de son époque était « illettrée, ne sachant ni écrire ni compter », avant d’enjoindre à ses membres de se baser sur l’observation de la nouvelle lune pour accomplir leurs obligations religieuses du jeûne et du hajj.

Mais, la communauté musulmane a évolué de manière considérable au cours des siècles suivants. Certains de ses membres sont même devenus des experts et des innovateurs en matière d’astronomie. En vertu du principe de droit musulman selon lequel « une règle ne s’applique plus, si le facteur qui la justifie a cessé d’exister », la recommandation du Prophète ne s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à écrire et à compter » et ont cessé d’être « illettrés ».

Les oulémas d’aujourd’hui commettent donc une erreur d’interprétation lorsqu’ils donnent au hadith du Prophète sur cette question la même interprétation qu’au temps de la Révélation, comme si ce hadith énonçait des prescriptions immuables, alors que ses dispositions ne sont plus applicables à la communauté musulmane depuis des siècles, en vertu des règles mêmes de la charia.

Shakir rappelle le principe de droit musulman selon lequel « ce qui est relatif ne peut réfuter l’absolu, et ne saurait lui être préféré, selon le consensus des savants. ». Or, la vision de la nouvelle lune par des témoins oculaires est relative, pouvant être entachée d’erreurs, alors que la connaissance du début du mois lunaire basée sur le calcul astronomique est absolue, relevant du domaine du certain.

Il rappelle également que de nombreux juristes musulmans de grande renommée ont pris en compte les données du calcul astronomique dans leurs décisions, citant à titre d’exemples Cheikh Al-Mraghi, président de la Cour suprême de la charia d’Égypte ; Taqiddine Assoubki et Takiddine bin Daqiq al-Eid.

Shakir souligne, en conclusion, que rien ne s’oppose, au niveau de la charia, à l’utilisation du calcul pour déterminer le début des mois lunaires et ce, en toutes circonstances, et non à titre d’exception seulement, comme l’avaient recommandé certains oulémas.

Il observe, par ailleurs, qu’il ne peut exister qu’un seul mois lunaire pour tous les pays de la Terre, basé sur le calcul, ce qui exclut la possibilité que le début des mois diffère d’un pays à l’autre. L’utilisation du calendrier basé sur le calcul rendra possible la célébration le même jour, dans toutes les communautés musulmanes de la planète, d’événements à caractère hautement symbolique sur le plan religieux, tels que le 1er muharram, le 1er ramadan, l’aïd al fitr, l’aïd al adha ou le jour de Arafat, lors du hajj. Cela renforcera considérablement le sentiment d’unité de la communauté musulmane à travers le monde.

Cette analyse juridique du cadi Shakir n’a jamais été réfutée par les experts en droit musulman, plus de 70 ans après sa publication. Le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est récemment rallié formellement à la thèse du cadi Shakir. Dans une importante étude publiée en 2004, intitulée : « Calcul astronomique et détermination du début des mois », (6) al-Qaradawi prône pour la première fois, vigoureusement et ouvertement, l’utilisation du calcul pour l’établissement du calendrier islamique, une question sur laquelle il avait maintenu une réserve prudente jusque-là. Il cite à cet effet avec approbation de larges extraits de l’étude de Shakir.

La décision du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN) de 2006

De son côté, le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN), qui s’est senti depuis des années interpelé par cette question, a annoncé au mois d’août 2006 sa décision mûrement réfléchie d’adopter désormais un calendrier islamique basé sur le calcul, en prenant en considération la visibilité du croissant où que ce soit sur Terre.

Utilisant comme point de référence conventionnel, pour l’établissement du calendrier islamique, la ligne de datation internationale (Greenwich Mean Time (GMT)), il déclare que désormais, en ce qui le concerne, le nouveau mois lunaire islamique en Amérique du Nord commencera au coucher du soleil du jour où la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT. Si elle se produit après 12 : 00 GMT, alors le mois commencera au coucher du soleil du jour suivant. (33)

La décision du CFAN est d’un grand intérêt, parce qu’elle conjugue avec une grande subtilité les exigences théologiques des oulémas avec les données de l’astronomie. Le CFAN retient le principe de l’unicité des matali’e (horizons), (34) qui affirme qu’il suffit que la nouvelle lune soit observée où que ce soit sur Terre, pour déterminer le début du nouveau mois pour tous les pays de la planète. Après avoir minutieusement étudié les cartes de visibilité du croissant lunaire en différentes régions du globe, il débouche sur la conclusion suivante :

Si la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT, cela donne un temps suffisant pour qu’il soit possible d’observer la nouvelle lune en de nombreux points de la Terre où le coucher du soleil intervient longtemps avant le coucher du soleil en Amérique du Nord. Étant donné que les critères de visibilité de la nouvelle lune seront réunis en ces endroits, on pourra considérer qu’elle y sera observée (ou qu’elle aurait pu l’être si les conditions de visibilité avaient été bonnes), et ce bien avant le coucher du soleil en Amérique du Nord.

Par conséquent, sur ces bases, les stipulations d’observation de la nouvelle lune seront respectées, comme le prescrit l’interprétation traditionnelle de la charia, et le nouveau mois lunaire islamique débutera en Amérique du Nord au coucher du soleil du même jour. Si la conjonction se produit après 12 : 00 GMT, alors le mois commencera en Amérique du Nord au coucher du soleil du jour suivant. (35)

Vers un calendrier islamique universel aux paramètres du calendrier saoudien d’Umm al Qura ?

Cependant, le CFAN modifia sa position en 2007, et décida de s’aligner sur une décision du Conseil Européen pour la Fatwa et la Recherche (CEFR), utilisant les paramètres du calendrier saoudien d’Umm al Qura pour déterminer le début des mois islamiques (la « conjonction » se produisant « avant le coucher du soleil aux coordonnées de la Mecque », et “le coucher de la lune ayant lieu après celui du soleil” aux mêmes coordonnées.)

Le CFAN et le CEFR décidèrent d’utiliser leur propre calendrier, au lieu de celui d’Umm al Qura, du fait que ce dernier fait parfois l’objet d'”ajustements” pour faire coïncider certaines dates avec celles retenues par les autorités saoudiennes pour des célébrations à caractère religieux (telles que le début et la fin du ramadan et la date du hajj en particulier). (27) Mais, ils substituèrent les paramètres de la Mecque à ceux retenus par le CFAN en 2006 dans le but de favoriser le développement d’un consensus des musulmans à travers le monde sur cette question.

D’après le CFAN, les données du calendrier ainsi établi ne diffèrent que de manière marginale de celles obtenues par l’application de sa méthodologie d’août 2006, (36) même si cette dernière reste la version préférée des astronomes concernés par cette question. (35)

Les décisions du CFAN et du CEFR ont eu les retombées importantes suivantes, sur le plan institutionnel :

– Le principe d’utilisation du calendrier basé sur le calcul est officiellement parrainé par des leaders religieux connus et respectés de la communauté musulmane ; (5) (6) (37)

– Il est adopté officiellement par des organisations islamiques dont nul ne conteste la légitimité ; (38)

– Les communautés musulmanes d’Europe et d’Amérique sont disposées à l’utiliser pour la détermination du début de tous les mois, y compris ceux associés à des occasions à caractère religieux.

Cependant, sur le plan opérationnel, l’initiative du CFAN et du CEFR de 2007 n’a eu, jusqu’ici, que des retombées marginales à travers le monde musulman.

La confrontation rituelle entre les traditions et la modernité

Depuis la fin des années 1950, la Ligue arabe, l’Organisation de la Conférence Islamique et d’autres institutions similaires ont présenté à leurs Etats membres plus d’une demi-douzaine de propositions visant à développer un calendrier islamique commun. Bien que ces propositions n’aient jamais abouti, jusqu’ici, les efforts continuent dans cette voie, à la recherche d’une solution acceptable pour toutes les parties concernées.

En effet, du fait de ses faiblesses manifestes, le calendrier islamique basé sur l’observation de la nouvelle lune n’est plus utilisé, dans les sociétés musulmanes, que pour déterminer les dates associées à des célébrations religieuses. Pour tous leurs autres besoins, les musulmans du monde entier utilisent, depuis de nombreux siècles, le calendrier grégorien, basé sur le calcul astronomique, sans avoir la moindre appréhension qu’ils pourraient, ce faisant, enfreindre des prescriptions religieuses.

Ce comportement paradoxal est également observé au niveau des Etats. Ainsi, l’Arabie Saoudite utilise-t-elle le calendrier d’Umm al Qura, basé sur le calcul, pour la gestion des affaires administratives du pays, ce qui indique clairement que le calendrier lunaire basé sur l’observation mensuelle de la nouvelle lune ne peut pas servir à un tel usage.

Les questions suivantes s’imposent, de ce fait :

– En préconisant la méthode d’observation de la nouvelle lune pour la détermination du début des mois lunaires, le Prophète aurait-il indiqué une procédure qui rendait caduques les fonctions usuelles du calendrier musulman, le rendant impropre à tout usage ? Ou bien ne s’agissait-il que d’une simple indication, une réponse appropriée, en son temps, à la question qui lui était posée, mais qui aurait dû être revue et adaptée aux besoins des sociétés musulmanes, au fur et à mesure de leur développement scientifique, culturel et social ?

– Pourquoi les horaires des prières sont-ils déterminés de manière licite sur la base du calcul astronomique, et les débuts de mois islamiques ne pourraient-ils pas faire l’objet de la même démarche ? (35)

– Pourquoi le calendrier basé sur le calcul serait-il d’un usage licite en Arabie Saoudite, quand il s’agit de gérer les affaires administratives du pays, et serait-il illicite quand il s’agit de déterminer les dates associées à des célébrations religieuses telles que le 1er ramadan, eid al-fitr, le 1er dhul hijja, ou eid al adha ?

– Plus généralement, pourquoi l’utilisation du calendrier grégorien basé sur le calcul astronomique serait-elle licite pour les musulmans du monde entier, alors que l’utilisation du calendrier islamique, basé sur le même calcul, ne le serait pas ? (39)

Les Etats musulmans, seuls vrais décideurs en la matière, sont les seuls à pouvoir répondre à de telles questions. Ils sont conscients que le consensus séculaire en faveur de l’utilisation de la méthode d’observation de la nouvelle lune a été sérieusement “ébréché” par le cadi Shakir d’abord, puis par le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord et le Conseil Européen pour la Fatwa et la Recherche, sans compter nombre d’auteurs et d’associations moins connus. Une nouvelle génération de penseurs musulmans (très minoritaire, pour le moment, et située essentiellement aux Etats-Unis, en Europe et dans certains pays du Maghreb, mais comprenant des maîtres à penser aussi influents que Yusuf al Qaradawi), ne voit plus d’obstacle d’ordre religieux à l’adoption du calendrier basé sur le calcul. D’ailleurs, les diverses options qui s’offrent aux décideurs des Etats musulmans en matière de réforme du calendrier reposent toutes, d’une manière ou d’une autre, sur l’utilisation du calcul astronomique.

Mais, cette ré-interprétation du rituel islamique, en matière de détermination du début des mois lunaires, doit bousculer des traditions millénaires pour se faire sa place. Elle doit faire face, en particulier, à des courants fondamentalistes importants qui prêchent le respect de l’orthodoxie et des traditions en matière religieuse. Ces courants fourmillent en Arabie Saoudite, au Pakistan et en Egypte, pour ne citer que quelques pays représentatifs.

Le calendrier basé sur le calcul devient, ainsi, un enjeu important dans la confrontation politique rituelle, récurrente, entre les défenseurs des traditions et les promoteurs de la modernité dans les sociétés musulmanes. (40) Relégué actuellement au statut de relique du passé, il peut de nouveau assumer de manière satisfaisante toutes ses fonctions usuelles dans les sociétés islamiques, s’il est remis en phase avec ses fondements conceptuels et méthodologiques astronomiques.

Notes

  1. Un auteur de référence en matière de science du hadith
  2. Décision du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord
  3. Abi alfayd Ahmad al-Ghomari : « Tawjih alandhar… » op. cit.
  4. Moonsighting.com Global Islamic calendar 2nd meeting Rabat, 2008 : La décision de 2006 du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN) a suscité l’intérêt des autorités politiques et religieuses dans de nombreux pays musulmans, parce qu’elle tient compte des exigences de l’interprétation traditionnelle de la charia, tout en permettant d’établir à l’avance un calendrier islamique annuel, qui peut en fait s’appliquer à l’ensemble du monde musulman. Le début des mois de ce calendrier serait programmé sur la base du moment (parfaitement prévisible, longtemps à l’avance) auquel la conjonction se produira chaque mois. Des astronomes de diverses nationalités se réunirent au Maroc, en novembre 2006, puis en octobre 2008, pour étudier plus en détail la possibilité de l’adopter comme base d’un calendrier islamique universel.
  5. Sur le plan méthodologique, la substitution des paramètres du calendrier d’Umm al Qura à ceux établis par le CFAN dans sa décision d’août 2006 a les effets suivants :

– L’exigence que la « conjonction » se produise « avant le coucher du soleil aux coordonnées de la Mecque », au lieu de 12 :00 h GMT, comme spécifié auparavant par le CFAN, augmente de 3 heures la plage durant laquelle la conjonction sera prise en compte. Ceci améliore les chances pour que le premier jour du nouveau mois, déterminé selon la méthodologie du calendrier d’Umm al Qura, ne soit décalé que d’un jour par rapport au calendrier lunaire établi par les observatoires astronomiques.

– Par contre, le paramètre selon lequel « le coucher de la lune doit avoir lieu après celui du soleil aux coordonnées de la Mecque » introduit une condition restrictive par rapport aux paramètres établis par le CFAN en 2006. Il implique que la nouvelle lune doit être potentiellement visible à la Mecque le soir qui suit la conjonction, alors que le CFAN basait son raisonnement sur le fait que la nouvelle lune serait potentiellement visible « quelque part sur Terre ».

  1. Zulfikar Ali Shah The astronomical calculations : a fiqhi discussion
  2. Islamic Center of Boston, Wayland : Moonsighting Decision documents
  3. On peut se poser une multiplicité d’autres questions à ce sujet, parmi lesquelles les suivantes :

– La charia, d’après le consensus des musulmans, ne s’est jamais opposée à l’acquisition de la connaissance scientifique, ni au développement de la science. Pourquoi ferait-elle une exception, au niveau du calcul du début des mois lunaires ?

– Comment se fait-il que les musulmans s’enorgueillissent des travaux des astronomes musulmans éminents qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de l’astronomie, au Moyen Age, si la substance de leurs travaux doit être considérée comme illicite ?

– Est-ce bien raisonnable de réduire le calendrier islamique à un rôle de figurant, et de donner le premier rôle à un calendrier étranger à la culture musulmane, alors que le calendrier islamique basé sur le calcul est capable de répondre parfaitement à tous les besoins des sociétés musulmanes modernes, qu’il s’agisse des célébrations religieuses ou des transactions commerciales, par exemple ?

– Qu’auraient fait les musulmans, pour la gestion de leurs activités quotidiennes, si le calendrier grégorien n’avait pas existé ?

  1. Ce scénario n’a rien de surprenant pour celui qui a étudié l’histoire des calendriers. Ces derniers ont souvent connu de grandes dérives, et soulevé de grandes passions. Par exemple, le « calendrier romain » fut réformé une première fois par Jules César en 46 av. J.C., devenant, sous la dénomination de « calendrier julien », le calendrier solaire de référence pendant seize siècles, en Europe et en Afrique du Nord. Mais, il connut, au cours de cette longue existence, de grands dérapages, tiraillé qu’il était entre les intérêts nationaux, sociaux et religieux des groupes les plus divers.

En 1267, Roger Bacon pouvait écrire, à son sujet, en s’adressant au Pape Clément IV :

« Le calendrier est intolérable pour le sage, une horreur pour l’astronome et une farce pour le mathématicien ». (41) En effet, d’après un récit de l’époque, « si un voyageur part de Venise le 1er mars 1245, le premier jour de l’année vénitienne, il se retrouverait en 1244 en arrivant à Florence et, s’il continuait après un court séjour sa route vers Pise, l’année 1246 y aurait déjà commencé. Continuant son chemin vers l’Ouest, il se retrouverait en 1245 en Provence et, s’il arrive en France avant le 16 avril (Pâques) il serait de nouveau en 1244. »

Cependant, le calendrier julien surmonta ses difficultés, grâce à la réforme dont il fit l’objet en 1582, sous l’égide du Pape Grégoire XIII. Mais, il lui fallut encore surmonter une multiplicité d’obstacles, sur une durée de près de trois siècles et demi, dans différentes communautés et régions du monde, avant de pouvoir s’imposer, sous sa nouvelle dénomination de « calendrier grégorien », en tant que calendrier de référence sur un plan universel. (42)

  1. David Ewing Duncan :Calendar: Humanity’s Epic Struggle to Determine a True and Accurate Year, Harper-Collins/Avon, 1998
  2. Le calendrier grégorien

Références en arabe

Mohammed al-Bukhari, Recueil de hadiths (3/119)

Allal el Fassi : « Aljawab assahih wannass-hi al-khaliss ‘an nazilati fas wama yata’allaqo bimabda-i acchouhouri al-islamiyati al-arabiyah », « Le début des mois islamiques arabes », rapport préparé à la demande du roi Hassan II du Maroc, Rabat 1965 (36 p.), sans indication d’éditeur

Abi alfayd Ahmad al-Ghomari : Tawjih alandhar litaw-hidi almouslimin fi assawmi wal iftar, 160p, 1960, Dar al bayareq, Beyrouth, 2è éd. 1999

Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane : Ithbat acchouhour alhilaliya wa mouchkilate attawqiti alislami, 152p., Dar attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997

Muhammad Mutawalla al-Shaârawi : Fiqh al-halal wal haram (édité par Ahmad Azzaâbi), Dar al-Qalam, Beyrouth, 2000

Ahmad Shakir : « Le début des mois arabes … est-il licite de le déterminer par le calcul astronomique ? (1939) » reproduit par le quotidien saoudien « al-Madina » du 13 octobre 2006 (n° 15878)

Yusuf al-Qaradawi: « Calcul astronomique et détermination du début des mois » (en arabe) Islamonline.net

Abderrahman al-Haj: « Le fqih, le politicien et la détermination des mois lunaires » (en arabe) Islamonline.net

Références en français

Emile Biémont : Rythmes du temps, Astronomie et calendriers, De Borck, 2000, 393p

Karim Meziane et Nidhal Guessoum : La visibilité du croissant lunaire et le ramadan, La Recherche n° 316, janvier 1999

Jamal Eddine Abderrazik : « Calendrier Lunaire Islamique Unifié », Editions Marsam, Rabat,

2004.

Louisg : Le Calendrier musulman

Louisg : Le début des mois dans le calendrier musulman

Nidhal Guessoum : Le problème du calendrier islamique et la solution Képler

Mohamed Nekili : Vers un calendrier islamique universel

Khalid Chraibi: 1er muharram, calendrier lunaire ou islamique ?

Khalid Chraibi : La problématique du calendrier islamique

Khalid Chraibi : Le calendrier musulman en 10 questions

Références en anglais

Moonsighting.com website

Moonsighting.com: How Islamic months begin

Moonsighting.com: Selected articles on the Islamic calendar

Islamic Crescent’s Observation Project (ICOP): Selected articles on the Islamic calendar

Saudi Arabia High Judiciary Council: Announcement of beginning of months 2000-2010

Helmer Aslaksen: The Islamic calendar

Mohammad Ilyas: Lunar crescent visibility criterion and Islamic calendar

Mohamed Odeh: The actual Saudi dating system

Robert Harry van Gent: The Umm al-Qura Calendar of Saudi Arabia

Robert Harry van Gent: The Islamic Calendar of Turkey

Robert Harry van Gent: Predicting the First Visibility of the Lunar Crescent (comprend une bibliographie importante : bibliography on lunar crescent visibility)

Fiqh Council of North America: Islamic lunar calendar decision of 2006

Islamic Center of Boston, Wayland: Moonsighting Decision documents

Zulfikar Ali Shah The astronomical calculations: a fiqhi discussion

Khalid Chraibi: Issues in the Islamic Calendar, Tabsir.net

Khalid Chraibi: Towards a global Islamic calendar, SaudiDebate.com

Khalid Chraibi: Can the Umm al Qura calendar serve as a global Islamic calendar? Tabsir.net

Islamic-Western Calendar Converter (Based on the Arithmetical or Tabular Calendar)

David Ewing Duncan :Calendar: Humanity’s Epic Struggle to Determine a True and Accurate Year, Harper-Collins/Avon, 1998, ch. 1


Copyright : Khalid Chraibi & Oumma.com

Les articles “1er muharram: calendrier lunaire ou islamique?”, “La problématique du calendrier islamique” et “La charia et le calendrier” peuvent être librement reproduits dans leur intégralité ou en partie, dans toute utilisation non-commerciale, à la seule condition que l’auteur et la source en soient clairement identifiés.

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